Belvès le CR

Publié le par christophe

Rencontre avec Yoyo

Vendredi matin, la voiture est déjà chargée depuis la veille au soir. A peine arrivée au boulot, on m’annonce qu’Eric mon accompagnateur a crevé en venant au boulot (en voilà un qui va passer sa soirée à réparer sa roue).

16 H nous quittons le travail, direction Belvès, un peu de pluie sur la route, j’en profite pour dire à Eric que cela ne me dérangeras pas demain si cela ne tombe pas plus fort, lui préfère carrément l’éviter.

19 H, nous arrivons par la route qui me délivra demain, la dernière côte promet, rien qu’en voiture cela m’impressionne un petit peu. Direction le retrait des dossards. En sortant un appel de Yoyo, il va installer ses affaires au gymnase, moi je vais déposer Eric à son hôtel ou il retrouve ceux de son club. Décroche sa roue arrière et nous donnons RDV pour demain. Retour à Belvès, pour rencontrer enfin Yoyo à la pasta.

 

L’échauffement de 0 à 30

 

 Le départ, je n’ai retrouvé aucune connaissance, pas grave y a pire dans la vie, moins d’un km de parcouru que je vois Cagouille qui me présente Cloclo, j’apprend qu’ils ont vu Pimousse dont l’objectif est proche du mien, ils me laissent partir devant, un petit tour dans Belvès et je repasse la ligne de départ, dans la descente Cagouille me rejoint, nous courrons un peu ensemble. Passage au km 5 en 32’11. Siorac premier passage sur la Dordogne, les coureurs retrouvent leur suiveur, pas moi : c’est normal il est parti après le départ, c’est vers le km 10 que Cagouille retrouve Ironman son suiveur, je les quitte, passe au km 10 en 1h5mn8s. Eric me rejoint, j’en profite pour me débarrasser de ma gourde et de mon coupe-vent. Passage au 15 en 1h39mn, mon rythme est régulier même si mon cardio est plus haut que prévu (il flirte régulièrement à 150). Passage au 20 en 2h13mn, je suis déjà à la limite basse par rapport à mon objectif (11h). 25° km : 2h46mn5s nous arrivons à Beynac , 30° km 3h18mn25s, La Roque-Gageac, je commence à ressentir un peu de fatigue.

 

 L’entrée du 30 au 50

 

 Ca y est nous attaquons une succession de petites bosses, 35° : 3h51mn58s. Plus de 4 h de course une de mes inconnus du jour, 40° : 4h26mn1s, tiens une petite cote 10% sur 100m, le ravitaillement à son issue est fort apprécié, me voici sur la piste cyclable, le marathon sera bouclé en 4h41mn17s, ça y est je rentre dans le monde de l’ADDM encore une inconnue, Nous reprenons une piste cyclable direction Sarlat, 45° : 5h1mn23s j’en ai marre et si j’arrêtais à Sarlat, euh je n’ose pas en parler à Eric mais lui dit que je sens que mes orteils buttent au fond de mes NB1060 en 42,5 je changerais donc de chaussures à Sarlat. Sarlat à l’entrée du stade, quelle file je prend celle du 50 me tente, mais je me suis engagé sur le 100, mi-parcours en 5h36mn42s je passe rapidement au ravitaillement et m’arrête pour me changer en haut et les chaussures : contrôle de l’état des pieds tout est ok.

 

 Le plat de résistance jusqu'à Allas

 

 Je repars donc après cet arrêt de 5 mn. Vu que j’alterne régulièrement la course et la marche comme préconisé par Cyrano je profite de la pause suivante pour prendre auprès de Caro des nouvelles de Yoyo qui se trouve déjà au 60°, je passe le 55° en 6h17mn16s c’est de plus en plus dur, ma vitesse baisse mon temps de marche augmente,  60° : 6h56mn54s j’en ai marre, j’ai commandé de petites averses pas un grand soleil, 65° : 7h35mn15s lassitude, j’avance lentement tel une machine à bout de souffle, 70° : 8h16mn52s deuxième vidange, ca cogne de plus en plus. Un bref calcul à 7,5 de moyenne j’en ai encore pour 4h mais je m’en fous je sais maintenant que plus rien ne peut m’arreter. Voici que la route sur laquelle je me trouve est à l’ombre, je commence à revivre, la moteur relance, c’est de bonne augure pour rendre visite à Joséphine aux Milandes, 75° : 8h55mn5s ca y est le moteur est bien relancé, j’attaque la cote au train alors que nombre de concurrent en sont à la marche, quelques encouragements à Philippe (Ecureuil de Marcheprime : les noisettes sont en haut de la cote lui dis-je), la deuxième parti de la côte étant plus raide je passe moi aussi au mode marche, enfin de compte je m’attendais à en chier un peu plus, content le Christophe, maintenant faut redescendre, je repars à courir mais pas pour longtemps Aïe je viens d’exploser une ampoule, warning je me gare sur le bas cote, quitte ma chaussure puis la chaussette pas beau les dégats en plus y en a une autre, perception de la pharmacie, je n’ai pas ce qu’il faut, je me rechausse et repars en courant 3 m c’est trop douloureux, donc la chochotte que je suis va devoir rejoindre le poste de soin en marchant quelques km, de toutes facons j’irai au bout et en marchant s’il le faut. Passage au 80° : 9h41mn42s, hélas toujours pas panneau Allas, ca y est j’y suis-je vais directement au soin Eric m’apporte de quoi me rafraîchir. J’attends patiemment mon  tour. Une charmante jeune femme s’occupe maintenant de moi ou plutôt de mon pied, me previent que cela risque d’être douloureux, alors la c’est pas vrai elle est très douce rien senti ou presque, l’autre pied est ok, un peu de biafine sur mes epaules. Je refuse le massage qu’elle me propose, c’est que je suis pas d’ici moi.

 

 Le désert 

 

 Bon j’ai perdu quelques minutes, je revise donc mon objectif, le nouveau 13h, je repars difficilement mais les jambes retrouve rapidement le bon rythme, une sonnerie retentit, c’est mon portable, je prend la communication c’est Yoyo qui m’annonce son super résultat : 9h48mn1s Bravo pour un gars qui n’est marathonnien que depuis le 26 novembre dernier, il me raconte sa fin de course et me parle des dernières difficultés, je raccroche et reprends ma course passage au 85° : 10h46mn20s ah oui plus d’une h pour 5 km c’est un record. Je continue tranquillement tout en remontant régulièrement. Panneau 90 déjà 11h21mn25s : un rapide calcul il me reste un peu moins d’1h10 pour finir en 12h30 qui redevient du même coup mon nouvelle objectif, le mental au plus haut je maintiens mon rythme jusqu’à Siorac, tiens il nous font visiter le bled, avant dernier ravito. Je prend ce dont j’ai envie comme je l’ai fait tout au long de la journée, allez Christophe remets toi un peu à courir. 95 en 11h56mn19s c’est jouable mais la maintenant il ne reste que le faux-plat et la dernière cote. Il me faut une bonne marge en bas de celle-ci, j’accélère, yes je suis maintenant à un peu plus de 9km/h, je suis au 97 maintenant c'est un compte à rebours 19mn30s pour les 3 derniers kms, une dernière pause marche je repars hyper motivé, je fais l'impasse du dernier ravitaillement qui se trouve un peu avant le bas de la côte ou je garde mon rythme alors que presque tous les coureurs marchent, le téléphone sonne pendant l'ascencion c'est Yoyo je laisse Eric répondre, panneau 99 : ca sent bon, allez je décide de lacher mes dernières forces, une accélération franche un sprint au dire de certains accompagnatteurs qui me traite de fou, mon dieu qu'il est long ce dernier kilomètre, je ne lache rien . 

Victoire 

Je passe sous la banderole en 12h29mn03s avec les larmes aux yeux.

Les photos de cette aventure sont dans l'album

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Publié dans Divers

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E
Bravo Cristophe pour ce CR, à la fois héroïque et sans prétention.
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W
Si tu sais pas quoi faire pendant ta récup: http://www.ultrunr.com/uknowyourtired.html
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E
Merci pour ce CR ! C'est super impressionnant quand même , et là, je me vois mal faire ce que tu as fait !!<br /> Encore bravo  !!
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A
En fait ca a l'air coooool un 100 bornes, on passe son temps entre le telephone la masseuse, les ravitaillments ;-)
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S
Super ton compte rendu et bravo pour ta course. Comment ça va depuis?
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